• François Loiret

La solidarité comme clientélisme.



Dans Le Passage à l’Europe, le philosophe néerlandais Luuk Van Middelaar avance que la Communauté européenne puis l’Union européenne a suivi et suit trois stratégies qu’il nomme la « stratégie allemande », la « stratégie grecque » et la « stratégie romaine ». La première consiste dans la formation d’une identité culturelle européenne, la seconde dans la formation d’une citoyenneté européenne, la troisième dans la constitution d’une clientèle européenne sur le modèle du clientélisme impérial. C’est cette dernière stratégie qui nous intéressera ici dans la mesure où elle renvoie aux concepts de redistribution et de solidarité. Le concept de solidarité est d’un usage aussi courant que vague, toutefois, il est sans cesse invoqué aujourd’hui, il arrive qu’il soit lié à ce pseudo-concept qu’est la « justice sociale ». Peter Sloterdijk a montré avec vigueur combien la « justice sociale » chère à certains est plus un mot d’ordre pour le combat qu’un concept qui aide à penser le vivre ensemble. Il n’est donc pas étonnant que ce mot d’ordre soit si présent chez les « intellectuels critiques » et les « sociologues critiques » qui se donnent l’illusion que leurs discours vindicatifs, voire haineux, changeront quelque chose à l’ « ordre des choses ». Ces partisans du monde abîmé n’hésitent pas à parler de solidarité. Or quelle est la « solidarité » incantatoire dont ils parlent ? L’ouvrage de Luuk Van Middelaar nous permet de le saisir dans le contexte de la politique régionale européenne. L’auteur du Passage à l’Europe nous rappelle dans quel contexte est apparue cette politique, mais surtout il précise ce qu’elle est devenue aux yeux de la Commission européenne. Le contexte en est l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté européenne. Les Britanniques n’envisageaient leur adhésion que dans la perspective d’un retour sur investissement : contribuer au budget européen, certes, mais à condition que « the money come back ». Dépourvu de toute population rurale importante, le Royaume Uni proposa le deal suivant : en échange de son adhésion à la Communauté et de sa contribution au budget commun qui finançait la politique agricole commune, la Communauté allait verser des aides aux régions britanniques industrielles en difficulté, ce qui fut fait. L’adhésion de l’Espagne et du Portugal puis de la Grèce allait accentuer la politique d’aide européenne aux régions en difficulté. L’un des motifs les plus puissants de l’adhésion grecque, ce qu’on oublie aujourd’hui, surtout chez les « enragés », était de bénéficier de cette manne européenne. La Commission, notamment sous la présidence de Jacques Delors, vit dans cette politique d’aide aux régions en difficulté, concentrées pour la plupart dans les pays les moins riches, une opportunité exceptionnelle : celle de lier ces régions à Bruxelles, sans passer les Etats. Il s’agissait d’édifier de nouvelles loyautés et de construire une « solidarité européenne » que devaient incarner les panneaux bordant les routes espagnoles, portugaises, grecques etc. La solidarité européenne invoquée n’existait pas, elle était à construire. Il faut comprendre par là qu’il ne s’agissait en rien d’une solidarité entre Etats, mais bien d’une solidarité entre les européens eux-mêmes. La construction de cette solidarité reposait de manière très visible sur une redistribution en faveur des régions les moins riches, ce qui voulait dire aussi en faveur des Etats les moins riches. Or envisager que la redistribution puisse construire une solidarité européenne, voire une « citoyenneté européenne », ce n’était rien d’autre que s’engager dans une stratégie romaine de clientélisme. Pour la Commission, les régions les moins riches devenaient des « clients » sur lesquels elle pouvait appuyer ses revendications d’autonomie vis-à-vis des Etats. Il s’agissait de conquérir un public par de l’argent. Cette stratégie de conquête d’un public, c’est-à-dire en fait de constitution d’une clientèle, reçut le noble nom de « solidarité européenne ». Mais on a beau proclamer la « solidarité européenne », il n’en reste pas moins qu’une politique européenne de redistribution ne produit pas ipso facto une telle « solidarité ». Ce que montre Luuk Van Middelaar, c’est que la solidarité ne se décrète pas. Les événements liés à la crise de l’Euro ont montré plus visiblement les tensions internes à la politique de redistribution, c’est-à-dire en fait de clientélisme, tensions déjà existantes auparavant. Car qui dit redistribution, ne dit pas seulement receveur, mais aussi payeur. Dans la « solidarité européenne », il y au fond des Etats payeurs et des Etats qui reçoivent, grosso modo, les Etats du Nord dans le premier cas, les Etats du Sud et de l’Est dans le second cas. Or les clients ont tendance à considérer qu’ils ne reçoivent pas assez et les payeurs à considérer qu’ils paient trop. Les seconds ne sont jamais assez généreux, les premiers, jamais assez reconnaissants. Comme le souligne Luuk Van Middelaar, « La crise de l’Euro a donc attisé les ressentiments nationaux entre les contributeurs et les bénéficiaires des fonds de secours, alors que l’euro devait consacrer leur volonté de vivre ensemble » (Le Passage à l’Europe, p.407). Autrement dit « la solidarité européenne » n’a pas conduit au vivre ensemble, elle a généré des tensions, et si elle les a généré, c’est qu’au fond, elle n’était pas tant solidarité active que contribution contrainte, ce que signifie d’ailleurs le mot de « redistribution » si cher à beaucoup en Europe. On a vu des Etats comme la Finlande, « modèle » pour certains, et la Slovaquie mettre en question les stratégies d’aides aux pays du sud touchés par la crise. Ce que dissimulent les mots « solidarité » et « redistribution », c’est que « l’ensemble européen distribue des bienfaits à quelques uns, mais toujours sur le dos de nombreux autres » (p.410) qui s’avèrent être constamment les mêmes. Or cette « solidarité européenne » n’a pas seulement un coût financier, elle a aussi d’autres coûts tout aussi importants que le philosophe néerlandais nomme « coûts symboliques » comme « la perte d’identité nationale » ou la « perte de souveraineté démocratique ». Tout aussi gravement remarque le philosophe néerlandais, « la « solidarité de fait » résultant de l’enchevêtrement monétaire et financier des pays de la zone euro ne s’accompagne pas automatiquement d’une solidarité affective » (p.407). Ceux qui sont contraints à la solidarité ne s’éprouvent en rien solidaires de ceux qui reçoivent pas plus d’ailleurs que ceux qui reçoivent ne se sentent solidaires de ceux qui donnent. La Commission envisageait assez naïvement que les receveurs manifesteraient de la solidarité affective envers les donneurs et sauraient aussi répondre à ce que l’Union pouvait exiger d’eux. Le cas de la Grèce nous montre tout le contraire. C’est qu’on ne peut instaurer une solidarité affective sur la contrainte. Ainsi, pris à son propre piège clientéliste, l’ensemble européen « oublie que la solidarité européenne au nom de laquelle il justifie ce type d’action [la redistribution] est cela même qu’il cherchait à créer » (p.410). Le clientélisme réel qu’est au fond la politique de redistribution et de « solidarité » ne constitue pas un nous, souligne Luuk Van Middelaar, il constitue un ensemble de clients auxquels on veut faire croire qu’ils ont tous à gagner, que le jeu est gagnant pour tous, alors même que les joueurs ont plutôt la certitude qu’ils sont tous perdants, surtout en ce moment même. Une clientèle ne forme pas un vivre ensemble. Or ce que montre le philosophe néerlandais à propos de la stratégie romaine de l’Union européenne vaut également à l’intérieur de chaque Etat européen lorsque ces Etats s’engagent dans une telle stratégie de clientélisme baptisée pompeusement de « politique de solidarité nationale ». Peter Sloterdijk dans Repenser l’impôt n’a pas assez souligné que la kleptocratie étatique n’était pas seulement une forme d’expropriation, mais aussi une forme de clientélisme. Les multiples aides que distribue la main qui donne sont aussi des achats. L’expression « acheter la paix sociale » est devenue courante, mais ce n’est pas tant la « paix sociale » que l’on achète, tant ce terme est trop vague, que la « paix » dans tel ou tel cercle défini. Or l’apparent consensus sur lequel reposait la nécessité d’ « acheter la paix sociale » s’avère inexistant. Les frustrations s’accumulent tant du côté des donneurs que de celles des receveurs. La « solidarité nationale par l’impôt » que cultivent encore des âmes attardées, amies de la contrainte et du pouvoir – âmes obsédés par le « pouvoir » tant est grand d’ailleurs leur appétit de pouvoir- n’a pas plus d’existence que la solidarité des européens rêvée par la Commission. Ceux qui reçoivent n’éprouvent aucune solidarité vis-à-vis de ceux qui donnent et montrent trop souvent qu’ils estiment qu’on ne leur donne jamais assez. Quand à ceux qui donnent, la contribution forcée leur apparaît de plus en plus comme une charge dont le coût n’est pas seulement financier, mais aussi symbolique comme dirait Luuk Van Middelaar. Tout aussi gravement, lorsque ceux qui donnent perçoivent plus ou moins clairement que ce qu’ils donnent sert à acheter ceux qui reçoivent, voire à importer des électeurs potentiels, comme le faisaient déjà les cités grecques, alors se constitue un contexte de stress intense, hautement anxiogène. Il faut bien voir que les politiques « généreuses » revendiqués par les idéologues ne sont au fond que du clientélisme politique. Une telle « générosité » ne représente aucun coût pour ceux qui en font la promotion puisqu’elle consiste à donner ce qu’on n’a pas mais que l’on prend à d’autres. Cette forme de spoliation forcée est outrageusement maquillée avec des concepts éthiques, vidés du même coup de toute substance. Avec de telles intentions, on se propose de rétablir la « cohésion sociale », le « lien social », pour reprendre ces expressions vides qui remplissent des contributions journalistiques, sociologiques, et politiques. Il faut bien voir que « la société » n’étant au fond structurée que par des relations de dépendance et des relations contractuelles, comme l’ont montré Hegel et Scheler, il ne saurait être question de lien « social », ni de cohésion « sociale ». la société et le social dont on se réclame ici a sa vérité dans l’absence totale de lien, ou comme le disait lucidement Max Scheler, elle n’est rien d’autre que l’impossibilité du vivre ensemble. Le pire, c’est lorsqu’on prétend, par de tels procédés, rétablir la « cohésion nationale » concept qui à la différence de celui de « cohésion sociale », a un sens . Certains, qui ne s’en cachent pas, traitent une partie des membres de la nation comme des « étrangers ». Ils sont dans la ligne de Qu’est-ce que le Tiers-Etat de Sieyès qui déniait à l’aristocratie le droit de faire partie de la nation. Evidemment, ils ne s’en prennent plus à l’aristocratie du sang, mais à l’ « aristocratie de l’argent » ou à l’ « aristocratie de la finance », ou, lorsque leur vocabulaire se veut plus cru, aux « riches ». D’un côté, ils dénient aux riches le droit de faire partie de la nation, de l’autre côté, ils leur réclament des contributions lourdes. Mais pour qui étudie de près les pratiques de la main qui prend, il s’avère que le riches sont au fond ceux qui payent l’impôt, non seulement l’impôt sur la fortune, mais aussi l’impôt sur le revenu, l’impôt foncier, l’impôt sur l’héritage, etc…, la liste est trop longue. Lorsque je paye l’impôt visible, je donne et en tant que donateur, je suis riche, telle est la définition effective de la richesse dans le contexte de la main qui prend. Or il s’avère que les donateurs ne reçoivent plus comme une évidence que leur impôt est la manifestation d’une solidarité qu’elle soit nationale ou sociale. Le «social », qui chez les intellectuels critiques a encore un parfum suranné de lutte des classes, se présente de plus en plus aux donateurs comme du clientélisme, ce qu’il s’avère être bien souvent. On déguise en aides, en emplois, en assistances multiples, selon la vieille stratégie romaine, l’achat de clients en échange d’un bulletin électoral. Or de même que la solidarité contrainte dans l’Union européenne a été productrices de multiples tensions et frustrations, sans jamais déboucher sur une solidarité réelle des européens, la solidarité contrainte dans l’Etat national est productrice de tensions et de frustrations et ne débouche sur aucune solidarité réelle des membres de la communauté. Invoquer de manière incantatoire la solidarité tout en ne visant qu’à l’alourdissement de la contrainte est non seulement politiquement vain, mais aussi dangereux. La crispation sur des vieilleries idéologiques empêche de voir le présent. Parmi ceux qui le voient, il en est quelques uns qui proposent des stratégies irresponsables, prônant l’abandon pur et simple des groupes populaires vus désormais comme irrédentistes. La situation présente exige de nous autre chose que des incantations, et c’est sans aucun doute ce que voulait dire Peter Sloterdijk en ouvrant la voie d’une éthique du don. L’éthique du don envisagée par Sloterdijk n’est pas du tout aveugle à la logique propre au don telle que l’a théorisée Marcel Mauss. Il ne s’agit pas dans l’esprit de Sloterdijk d’envisager le don sur le modèle de la libéralité divine ou sur celui de la pauvreté franciscaine. Peter Sloterdijk sait très bien, comme on feint de ne pas le comprendre les récepteurs français, que tout donneur attend quelque chose en retour et ce qu’il attend avant tout, c’est du prestige. C’est pourquoi Sloterdijk aborde l’éthique du don dans son articulation intime d’une part à une politique du thymos, une politique de la fierté (dont j’ai montré ailleurs la limite), d’autre part à une politique de la confiance en rupture avec la politique de la défiance qui règne et qui règne plus précisément chez les fonctionnarisés. Les fonctionnarisés feignent de croire qu’ils ne constituent pas un lobby ou une clientèle, mais ils constituent les deux et la défense des privilèges qui sont les leurs, baptisés « avantages acquis » est aussi coriace que leur aveuglement devant leurs privilèges. Ils ne sont certes pas les seuls à jouir de privilèges, et jouir de privilèges et de franchises, comme disaient les médiévaux, n’est pas en soi une tare congénitale. Une franchise, c’est une liberté, un privilège, c’est un droit. Que les fonctionnarisés jouissent de privilèges, de la même manière que les avocats, les médecins, les salariés d’EDF et de la SNCF etc. n’est pas un problème en soi, le problème réside dans le déni. Déni des privilèges que l’on fait passer pour des droits fondamentaux, déni de la richesse que l’on fait passer pour de la misère, telle est la situation diagnostiquée par Peter Sloterdijk. A ces dénis répétés correspond une défiance totale de sorte que l’Etat est vu de manière encore hobbésienne comme l’agent d’une contrainte nécessaire. Ainsi se justifie la kleptocratie étatique comme gestion de la défiance. Peter Sloterdijk n’a jamais non plus prétendu que le don qu’il envisageait était en Europe un fait : l’éthique du don est à venir. Lui opposer qu’il existe des riches sans générosité relève du mauvais procès. Il existe aussi des moins riches sans générosité. L’éthique du don envisagée par Sloterdijk est une réponse à la défiance généralisée qui touche autant les receveurs que les donneurs contraints et fait obstacle à toute solidarité véritable. Cette réponse se veut une rupture avec la politique de la bassesse qu’est la politique kleptocratique de l’Etat contemporain. Une politique de la bassesse repose sur une anthropologie de la petitesse. On remarquera que cette anthropologie de la petitesse est autant partagée par les économistes que par leurs détracteurs, autant partagée par les « intellectuels critiques » que par ceux qu’ils critiquent. Les « antilibéraux » voient les hommes aussi petitement que les « libéraux » (au sens économique) et partagent avec eux les mêmes présupposés fondamentaux. Dans The Charity of the Uncharitable, l’économiste « libéral » Gordon Tullock déploie une argumentation que ne nierait ni un « sociologue critique » ni un fonctionnaire du ministère des finances. Il soutient en effet que « la charité est un acte d’autant moins coûteux qu’il s’exerce dans le cadre d’institutions politiques de plus en plus vastes ». Mais plus gravement encore, Alain Wolfersperger, autre économiste libéral, justifie pourquoi l’existence d’une politique de redistribution étatique de la manière suivante : dans un système concurrentiel, celui qui prendrait l’initiative d’aider les défavorisés pour acheter leur bienveillance n’a aucune garantie que les autres feraient de même, et s’il prend cette initiative, il se met dans une situation désavantageuse par rapport à ses concurrents, autrement dit chacun attend qu’un autre prenne l’initiative, le résultat en est que personne ne bouge. Il faut donc que l’Etat se charge, par la contrainte, souligne notre économiste « libéral » d’acheter la bienveillance des plus démunis en mettant en place une politique de redistribution. L’argumentaire de Wolfersperger pourrait être repris tel quel par n’importe quel « sociologue critique » dans la mesure où les deux partagent au fond la même anthropologie de la bassesse. Or, souligne magnifiquement Peter Sloterdijk, « On oublie trop facilement que tout propos sur l’homme produit un effet sur la formation de l’homme : quand on pense l’homme petit, on se retrouve tôt ou tard face à une réalité qui correspond à celle que l’on supputait. La pensée basse est un entraînement autogène et autoréalisateur de l’indigence » (Repenser l’impôt, p. 73). Les pédagogues « critiques », et il n’en manque pas, devraient méditer cette sentence. Faire de Peter Sloterdijk un défenseur du « libéralisme économique » repose à la fois sur une ignorance crasse des textes économiques dits « libéraux » et sur l’adhésion la plus complète à la pensée basse qui conduit à la défiance et du même coup à la kleptocratie étatique. Or la pensée basse n’a pas pour seul lieu l’Etat, elle a aussi pour lieu les partis politiques. La kleptocratie n’est pas seulement étatique au sens strict, elle est aussi politique, en un sens clairement électoral et a une dimension de clientélisme que d’ailleurs les économistes libéraux avaient clairement vu dans leur critique du lobby bien réel des fonctionnaires. Ceux qui jouissent des emplois garantis par l’Etat, les régions, les départements préfèrent ne pas voir d’où vient leur traitement. Dans une innocence feinte, ils se disent qu’au moins, il n’est pas synonyme d’ « exploitation », étant sous entendu que les salaires versés ailleurs reposeraient sur la dite « exploitation ». Ils ne veulent surtout pas voir qu’il repose sur une forme d’expropriation et est parfois, trop souvent même, indissociable du clientélisme. La redistribution n’est pas seulement de l’expropriation, elle est aussi production d’un public de clients, déguisée en solidarité. Or Luuk Van Middelaar nous l’a montré, on ne constitue pas un nous avec des clients.

François Loiret, Colmar, 2012, tous droits réservés.

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