• François Loiret

Les crimes des autres.



Ils ont excusé, voire justifiés les crimes de Lénine, ceux de Trotsky, ceux de Staline, de Mao, de Ho Chi Minh, de Castro, des Khmers rouges. Ils ont aussi excusé et justifié les criminels de la Fraction armée rouge, de Lotta continua, de tous les groupuscules violents se situant à l’extrême de la gauche. Aujourd’hui, ils sont prêts à excuser ceux des perdants radicaux qui se réclament de l’islam. Au fond, ils ont toujours eu une attirance pour ceux qui prenaient des mesures « radicales » en termes d’extermination sociale. Même quand ils se réclament de tendances plus légères, il suffit de gratter un peu pour que resurgisse leur admiration pour Lénine, Trotsky, etc. qu’ils continuent de considérer comme des « théoriciens » de l’action révolutionnaire, se refusant à voir lucidement ce qu’ils étaient vraiment, des criminels. Ils cultivent de même une admiration plus ou moins secrète pour la Convention et ses assassins. Pour eux, les crimes ont toujours été et demeurent ceux des autres. Assumant une logique criminelle née sous Staline, ils se réclament de l’antifascisme, de l’anti-racisme – car dans les années 1930, Staline avait lancé le prétendu « combat » contre le racisme et contre le « fascisme » en même temps qu’il radicalisait les mesures d’extermination sociale commencées sous Lénine -, et ne veulent voir, comme ils disent, qu’Auschwitz. Quand ils se croient malins, ils prétendent parler des « crimes du capitalisme » opérant des confusions conceptuelles élémentaires. En effet, s’il y a bien eux des criminels au pouvoir se réclamant du communisme pour exterminer des êtres humains, parce qu’il y avait bien une idéologie communiste, il n’y a jamais eu de criminels au pouvoir se réclamant du capitalisme pour faire la même chose puisque le capitalisme n’a jamais été une idéologie politique. Pratiquant avec emphase ce qu’ils nomment la « pensée critique », leurs propos répètent toujours les mêmes scies. Heureusement pour eux que Brecht, leur a laissé en héritage une expression qu’ils ne cessent de répéter : « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ». Ils ont largement vérifié en cette affaire la loi de Godwin. Ils n’ont jamais voulu voir que la dite « bête immonde » pouvait bien aussi caractériser les criminels dont ils ont fait la louange et qu’il leur arrive encore d’admirer. Leur « pensée critique », qui n’est que bêtise radicale, les amène à s’extasier devant les propos exterminateurs d’un vieillard qui s’est toujours piqué de philosophie, alors qu’il n’a jamais été qu’un enfant de l’idéologie. Il est vrai que « critique » chez eux n’a jamais eu d’autre sens qu’anticapitalisme. En fait de pensée, que trouve-t-on dans leurs paroles ? Des sermons moralisateurs sur les « ravages du capitalisme », les « méfaits de l’ultralibéralisme », « la sauvagerie de la finance mondiale ». Leur moraline, croient-ils, les excuse de leur ignorance crasse quant au monde dans lequel ils vivent qui ne peut sûrement pas, comme je l’ai expliqué ailleurs, être caractérisé par les mots-slogans comme « capitalisme » et « ultralibéralisme ». S’imaginant « critiques » alors qu’ils ne font que ressasser les mêmes idées simples depuis des décennies- si l’on peut nommer cela des « idées »- ils n’ont jamais envisagé d’exercer une quelconque pensée critique digne de ce nom vis-à-vis de leurs crimes, des crimes de ceux qu’ils admirent. Les crimes sont toujours ceux des autres. Faisant l’éloge de l’autocritique, ils n’ont jamais envisagé qu’elle pouvait s’appliquer à eux. Au mieux, ils n’ont cessé de pratiquer l’autoamnistie. Au pire, ils ont excusé et justifié les crimes de leur bord en les attribuant aux autres. C’est sous la pression des « autres », répètent-ils, que les « nôtres » ont été amenés à prendre des mesures extrêmes que les « circonstances » imposaient. Certes, aujourd’hui, ils prennent une pose « ouverte », font l’éloge des multiplicités subversives, vont même jusqu’à se prendre pour des « étrangers », ne manifestant par là que leur préférence étrangère dans un mimétisme étonnant avec ceux qu’ils prétendent affronter- de même que leur antiracisme n’est souvent qu’un racisme inversé. Mais cette pose prétendument « ouverte » laisse encore passer leur fidélité aux criminels dont ils se réclament plus ou moins ouvertement. Il suffit de les écouter : les crimes sont toujours les crimes des autres.

François Loiret

La photographie a été pris en Ukraine dans les années 1930-1934.

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© 2015 par François Loiret

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