• François Loiret

La négativité de la nature selon Hegel.



La nature affirme Hegel est un protée. Il veut dire par là que la nature réside dans la dispersion et que du même coup elle ne constitue pas en elle-même une totalité. La nature se disperse en une multiplicité prodigieuse d’êtres inertes et vivants divers et variés et cette dispersion est la manifestation de sa négativité. Dans cette dispersion, en effet, se montre que la nature est l’extériorité :

« La nature a précisément pour caractéristique l’extériorité consistant, pour elle, à laisser les différences tomber les unes en dehors en des autres et surgir comme des existences indifférentes » Encyclopédie des sciences philosophiques, philosophie de la nature, p.189.

Le caractère purement extérieur de la nature signifie que les êtres naturels ne possèdent aucune autonomie puisque ce qui règne dans la nature est la causalité extérieure. C’est pourquoi là où nous pouvons penser un commencement d’autonomie dans la nature, nous assistons à la négation complète de la nature par elle-même. Aussi l’animal est-il à la fois le sommet de la nature et en même temps l’auto-disparition de la nature.

A L’extériorité de la nature physique.

Tous les êtres naturels se caractérisent comme des êtres spatiaux et temporels qu’ils soient inertes ou vivants. Du même coup, la nature se présente d’abord sous les formes de l’espace et du temps. La nature commence avec l’espace puisque tout ce qui est naturel est spatial. Or l’espace est la pure extériorité et comme pure extériorité, il est pure négation. En quoi l’espace est-il pure extériorité ? En ce qu’il est en lui-même un ensemble d’ici juxtaposés, extérieurs les uns aux autres, et sans rapports mutuels. Chaque ici est extérieur aux autres ici. Chaque ici est hors des autres ici. Les ici sont donc hors les uns des autres. Cet hors les uns des autres des ici n’est rien d’autre que l’espace. Les différences de l’espace, les ici, sont indifférentes les unes autres tout en étant toutes identiques. Elles sont donc doublement indifférentes : d’une part, elles ne se différencient pas comme telles, un ici est le même qu’un autre ici, d’autre part, elles sont seulement les unes à côtés des autres, sans relations internes. L’espace est ainsi une multiplicité purement extérieure qui se disperse indéfiniment sans jamais constituer un tout. Il est du même coup extérieur à lui-même et réside dans la négation.

Or la nature n’est pas qu’espace, elle est aussi temps. Mais le temps est aussi à comprendre comme extériorité. Les différences temporelles sont elles aussi extérieures les unes aux autres tout en étant toutes identiques. Le temps lui aussi se disperse en une multitude indéfinie de différences, c’est-à-dire en une multitude de maintenants. Ces différences ne sont pas juxtaposées, mais successives : chaque maintenant présent est la négation de tout autre maintenant. Chaque maintenant présent suppose la disparition de tout maintenant qui le précède. Chaque maintenant est donc bien hors de tout autre maintenant dans la successivité de sorte que tous les maintenants sont les uns en dehors des autres successivement. Le temps est alors à comprendre comme devenir et ce devenir est tel qu’il dévore tout, que tout ce qui est temporel est passager. Le temps se présente donc lui aussi comme négation.

Si tout être naturel est spatial et temporel et si l’espace et le temps sont des extériorités, il en résulte que les êtres temporels et spatiaux ne peuvent se présenter eux aussi que comme des extériorités. C’est avec les êtres inorganiques que cette extériorité se montre de la façon la plus nette et surtout avec les êtres inorganiques terrestres, plus précisément les corps mécaniques et physiques. Les êtres inorganiques sont des êtres inertes. Cela signifie qu’ils sont d’eux-mêmes incapables de mouvement, incapables de modification, incapables de structuration. Autrement dit, leur mouvement leur vient de l’extérieur, leurs modifications leur viennent de l’extérieur, leur structuration est aussi l’effet de l’extérieur. Le fer ne s’oxyde pas de lui-même, il ne s’oxyde qu’au contact de l’air : son oxydation lui vient de l’extérieur. L’eau ne tombe pas d’elle-même, elle tombe en vertu de la pesanteur. Quant à leur structure, elle est aussi extérieure en ce sens que leurs parties, leurs différences, ne sont en rien distinctes et n’ont de ce fait aucune existence singulière. Un corps physique est un ensemble de parties extérieures les unes aux autres qui sont toutes identiques et qui ne sont en rien articulées les unes aux autres. Rien ne différencie les parties de l’eau et ces parties ne sont en rien en cohésion les unes aux autres pas plus que celles du fer. Si une partie d’un corps physique disparaissait, cela n’affecterait en rien le corps physique. Nous avons donc avec les corps physiques des êtres qui sont entièrement exposés à l’extérieur, qui sont composés de parties juxtaposées, extérieures les unes autres. Nous avons donc ici des êtres qui ne sont qu’extériorité et qui sont impuissants vis-à-vis de l’extérieur. Les corps physiques sont donc eux aussi hors d’eux-mêmes tout en étant complètement hors les uns des autres. La nature physique est donc bien caractérisée dans son ensemble par l’extériorité et ne peut jamais du même coup constituer une totalité car une totalité suppose une structure différenciée dans laquelle les parties ne sont pas identiques et sont articulées les unes aux autres. C’est seulement avec la nature organique, avec la nature vivante, qu’apparait une telle structure. Toutefois, même la nature organique demeure caractérisée par l’être hors de soi.

B La plante comme extériorité du soi.

La nature inorganique est une nature inerte. Il faut comprendre par là que l’automouvement lui fait défaut : tout lui arrive de l’extérieur. Par contre, la nature organique est caractérisée par l’automouvement en ce sens que tout ne lui arrive pas de l’extérieur. Cet automouvement se présente comme autoconfiguration, nutrition, génération pour tous les vivants. Tout vivant se meut de lui-même en tant qu’il se configure, se nourrit, engendre du vivant à partir de lui-même. A ce titre, tout vivant est à la fois cause de lui-même et effet de lui-même. Alors que dans la nature inorganique, la cause et l’effet sont des corps distincts, le corps organique est un corps qui dépasse cette extériorité de la cause et de l’effet dans la mesure où il est sa propre cause et son propre effet. En étant sa propre cause et son propre effet, tout vivant est automouvement en étant autosupression de lui-même et cela constamment. Mais il est aussi supression de l’inorganique. C’est qu’avec la nature organique se présente aussi la différenciation de l’intérieur et de l’extérieur, du rapport à soi et du rapport à un autre. Cette nature organique se présente d’abord comme nature végétale, comme plante.

La plante se produit en se configurant. A la différence des corps inorganiques, les plantes sont capables de se différencier d’elles-mêmes. Elles se différencient en racines, rameaux, branches, feuilles, fleurs, fruits. Cette autodifférenciation est une autoproduction. C’est bien la plante qui déploie à partir d’elle-même ses racines, ses rameaux, ses branches, etc. Toutefois, l’autodifférenciation de la plante est telle que chacune des parties, chacune des différences, subsiste par elle-même. Chaque partie est bien une partie du tout et en même temps chaque partie est le tout. C’est pourquoi Hegel soutient que la plante est une pluralité d’individus : les différences subsistent les unes à côté des autres et la plante peut abandonner ses parties à l’extériorité sans cesser de vivre comme elle le fait constamment en perdant ses branches, ses feuilles, ses fruits. Mais de la même manière, chaque partie, dans la mesure où elle le tout, peut aussi donner naissance à une plante. Cette autoconfiguration de la plante est une autoconfiguration spatiale tournée vers l’extérieur de sorte que la plante ne constitue pas véritablement un être organique intérieur à la différence de l’animal.

La plante, comme tout vivant, ne se configure qu’en se rapportant à son être inorganique et en le niant. Cet être inorganique est l’extérieur de la plante. Il ne consiste pas en corps individuels, mais en éléments : l’air, l’eau, la terre, la lumière. La plante a donc rapport à l’élémentaire et elle s’y rapporte en niant son indépendance. Cette négation est assimilation : la plante, en effet, ne fait pas qu’absorber des éléments, elle les transforme et ils deviennent dans le processus organique végétal ce qu’ils n’étaient pas d’eux-mêmes, arôme, couleur, bois, suc végétal. On peut bien dire que la plante reçoit de l’oxygène et rejette du gaz carbonique, il n’en reste pas moins que cela suppose l’assimilation par la plante de l’air auquel elle confère un devenir organique qu’il n’a pas en lui-même. Mais si la plante peut nier l’extérieur en tant que l’élémentaire, elle n’a pas la capacité de nier l’extérieur en tant qu’espace. Elle n’a aucune indépendance par rapport à l’espace auquel elle demeure rivée, à la différence de l’animal.

La plante demeure donc dépendante de l’extériorité en tant qu’espace. Elle demeure encore extérieure en tant que son être organique est organisé spatialement en parties qui subsistent indépendantes les unes des autres. Enfin, elle demeure ontologiquement extérieure en tant qu’elle a son soi en dehors d’elle-même :

« Le Soi physique extérieur de la plante est la lumière, en direction de laquelle elle fait effort, de même que l’homme est à la recherche de l’homme. La plante a un rapport essentiel, infini à la lumière ; mais elle n’est encore qu’une recherche de ce soi qui est le sien » Encyclopédie des sciences philosophiques, p.586.

Le soi végétal n’est pas la plante, il est autre qu’elle-même en ce sens que tout l’automouvement de la plante est en vue de la lumière. Le Soi de la plante n’est rien d’autre que la lumière à la recherche de laquelle elle est subordonnée. La plante est donc un être organique qui à la différence des êtres inorganiques a bien un soi et une fin, mais ce soi qui est sa fin est en dehors d’elle. Elle est donc la nature comme extériorité du soi. Alors que Rousseau affirmait que la nature est le soi comme intériorité, Hegel montre que dans la nature inorganique, il n’y a pas de soi puisqu’il n’y a pas d’automouvement et que dans la nature végétale, il y a bien un soi, mais un soi qui est un dehors pour l’être végétal. C’est seulement avec l’animal qu’apparait un soi intérieur, mais ce soi intérieur demeure sans autonomie.

C L’intériorisation de la nature dans l’animal.

Avec la plante, la nature acquiert une forme d’automouvement limité, celui de l’auto-configuration et elle le fait en niant l’indépendance de la nature inorganique, en la supprimant. La nature végétale est bien ainsi négativité vis-à-vis de la nature inorganique. Mais la nature végétale demeure incapable d’arriver à la négation de la spatialité d’abord parce que la plante se configure spatialement, ensuite parce que la plante n’a pas d’indépendance vis-à-vis de l’espace. Avec l’animal l’automouvement se déploie d’une manière plus radicale.

L’autoconfiguration de l’animal n’est pas tournée vers le dehors, mais vers le dedans, il s’agit d’une auto-configuration intérieure. L’animal en effet, se configure intérieurement en organes, en viscères à la différence de la plante. L’animal a ainsi un dedans. Or dans cette autoconfiguration intérieure, toutes les parties sont interdépendantes, aucune ne peut subsister seule par elle-même. Détachée du tout du corps animal, chaque partie de ce corps ne subsiste plus. Et le corps lui-même ne subsiste que si les parties intérieures ne sont pas altérées. L’animal constitue bien une totalité : il n’est pas un ensemble de parties juxtaposées les unes aux autres, mais un ensemble de parties imbriquées les unes dans les autres, complètement interdépendantes. Or non seulement l’animal se différencie à l’intérieur de lui-même, mais il a aussi le sentiment de lui-même et en ce sens, il a une âme. Non seulement il sent ce qui lui est extérieur, mais il est capable d’éprouver du plaisir et de la douleur, des émotions. Il a du même coup une vie en dedans, une vie intérieure. Avec l’animal, la nature s’intériorise. Du même coup, le soi de l’animal ne lui est pas extérieur, il lui est intérieur. L’animal se rapporte intérieurement à soi.

Si l’animal se rapporte à soi dans le sentiment de soi, il se rapporte aussi à un autre qui est un dehors et il s’y rapporte concrètement en ce que cet autre est individualisé, il ne s’agit plus des éléments comme avec la plante, mais bien de tels êtres qui sont d’ailleurs eux-mêmes des êtres organiques, plantes, animaux. L’animal fait de certains êtres organiques ses objets et du même coup il les constitue comme sa nature inorganique propre. En effet, l’animal ne se rapporte jamais à tous les êtres, il se rapporte seulement à ceux dont il se nourrit et en ce sens, à la différence de la plante, il opère une sélection dans la nature. Aussi chaque animal a-t-il pour sphère de vie, non la nature dans sa totalité, mais un cercle étroit dont il ne peut d’ailleurs jamais s’affranchir :

« Chaque animal a seulement une sphère bornée pour nature inorganique propre à lui, une nature inorganique qui est uniquement pour lui et qu’il lui faut aller chercher en faisant un tri parmi beaucoup d’autres choses et cela en vertu de l’instinct » Encyclopédie des sciences philosophiques, p.672.

Cette nature inorganique qui lui est propre, l’animal la transforme dans le processus de l’assimilation en sa propre nature organique : il ne la laisse pas tranquille à l’extérieur de lui, mais la nie activement en la détruisant et en l’assimilant. Mais la nature inorganique de l’animal ne se limite pas aux êtres organiques dont il se nourrit. Elle s’étend à l’espace et à l’air. A la différence de la plante, l’animal nie l’indépendance de l’espace. Il se rend indépendant de l’espace parce qu’il n’est pas fixé en un lieu. Il supprime donc l’indépendance de l’espace en se déplaçant. Mais il supprime aussi l’indépendance de l’espace en le ménageant et en le constituant ainsi comme milieu. L’animal supprime ici l’indifférence de l’espace en y faisant sa place, en se ménageant un lieu de vie propre. De cette constitution d’un lieu de vie propre relèvent la construction de nids, de terriers, de gîtes. L’animal s’extériorise en s’appropriant la nature inorganique, en la faisant sienne, non seulement en l’assimilant, mais aussi en la façonnant. Ce façonnement de la nature inorganique est suspension du désir et en ce sens travail.

L’automouvement de l’animal est donc auto-configuration intérieure, nutrition, locomotion, mais il est aussi voix. L’animal produit du son de lui-même et à partir de lui-même parce qu’il a la voix et même pour certains d’entre eux, les oiseaux chanteurs, le chant. La voix emplit l’air qui la porte. En cela, l’animal nie l’indépendance de l’air puisqu’il fait de l’air ce qu’il n’est pas, l’expansion du sentiment de soi. En d’autres termes, l’extérieur devient l’expression de l’intérieur. On peut donc dire de la nature animale qu’elle nie l’extériorité de l’espace, l’extériorité de l’air, l’extériorité de ce dont l’animal se nourrit. Toutefois, l’animal ne va jusqu’au bout de la négation de l’extériorité et c’est la raison pour laquelle il demeure nature. Ce à quoi il parvient comme animal individuel, c’est seulement la mort, soit la mort violente, soit la mort naturelle. Cela correspond à ce que Hegel nomme « le processus du genre ».

L’universel dans la nature vivante est le genre. Le genre lui-même se différencie en espèces. Dans le royaume de la nature animale, les espèces ne se maintiennent que par la négation des autres espèces sous la forme de la lutte. Pour chaque espèce, il y a des espèces qui sont des ennemies et qui d’ailleurs ne peuvent être présentes que comme leur nature inorganique. Il en résulte que l’animal individuel a pour destin l’insécurité, le malheur et pour finir la mort violente. Le rapport des espèces s’accomplit dans la mort violente des individus et c’est là une condition du maintien des espèces.

Il est une autre condition du maintien des espèces, l’accouplement, le rapport des sexes. Ici, chaque espèce ne se rapporte pas aux autres espèces, mais à elle-même. L’accouplement assure un au-delà de l’individu dans l’espèce à tel point que l’individu animal a déjà rempli ce qu’exige de lui la nature en s’accouplant, c’est pourquoi il peut bien disparaître une fois l’accouplement réalisé, et c’est ce qui a lieu effectivement chez certaines espèces animales, souligne Hegel :

« Le genre se conserve seulement moyennant la disparition des individus qui, dans le processus de l’accouplement, ont rempli leur destination, et, pour autant qu’ils n’en ont pas de plus haute, vont, par là, à la mort » Encyclopédie, p.325.

Une fois que l’animal a assuré la reproduction de l’espèce par l’accouplement, il peut disparaître dans la mort naturelle. L’espèce lui survit. Toutefois, l’espèce ne lui survit que dans d’autres animaux individuels eux-mêmes destinés à la mort naturelle. Du même coup la nature animale n’est que la perpétuation incessante de l’espèce par la répétition incessante de l’autodestruction des individus. Avec l’animal, qui est son sommet, la nature n’aboutit qu’à la mort. Cette mort n’ouvre sur rien d’autre que sur la monotonie de la perpétuation illimitée de la nature animale, perpétuation qui exige constamment la mort de l’animal. Ainsi, la fin véritable de la nature animale, sa destination, est la mort, soit sous la forme de la mort violente, soit sous la forme de la mort naturelle. Autrement dit, la fin véritable de la nature dans son sommet, l’animal, est l’autonégation de la nature. La nature ne va pas plus loin que cette autonégation. Et en ce sens, elle est bien négativité.

Dans cette négativité de la nature se montre l’impossibilité de la nature de réaliser l’automouvement. La nature physique ne connaît pas l’automouvement, la nature végétale ne le connaît que sous la forme de l’autoconfiguration et de la nutrition, la nature animale le connaît aussi sous la forme de la locomotion et du forme de façonnement de l’espace. Toutefois, la nature animale ne réalise pas l’automouvement dans la mesure où l’automouvement accompli est autonomie. Est autonome, l’être qui peut produire de lui-même de manière réfléchie ses propres actes, l’être qui peut se donner lui-même ses propres propriétés et qui du même coup ne dépend en rien totalement des conditions extérieures. L’animal tient toutes ses propriétés de sa nature animale, elles lui sont données, il ne se les donne jamais et elles dépendent donc pour chaque animal individuel de l’extérieur. Il en va différemment avec l’homme : il peut acquérir des propriétés, il peut se les donner. Il peut devenir sage ou juste parce qu’il s’est rendu sage ou juste. En d’autres termes, avec l’homme s’ouvre le monde de la culture qui est celui de l’esprit. En effet, la dimension d’auto-donation ne relève pas de la nature, elle suppose au contraire la mort de la nature. La mort de la nature est le dépassement de la nature, c’est-à-dire qu’elle correspond à l’avènement de l’autonomie qui caractérise l’esprit. Cette mort de la nature vient de la nature elle-même comme nous l’avons vu en montrant que la destination de la nature est la mort.

François Loiret, tout droit réservé.

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